C'est comme quand tu enlèves des chaussures trop petites.
Raaaaah ! Le soulagement !
Ces pompes là
tu les avais repérées
tu t'étais dit qu'elles n'étaient pas ton style
et finalement
le temps que tu décides
il ne restait plus ta pointure.
Au lieu de te dire
que
ce n'était pas ton karma de les avoir
tu t"étais fié à la vendeuse
laquelle t'avais assuré
que
même en 37
"Mais oui madame, elles vont se faire..."
Eh non
elles ne se font jamais
tes pieds non plus du reste
ce qui fait que
si elles te font mal dans le magasin,
il ne faut pas les prendre
et puis c'est tout.
Bref
moi
je les ai prises
et
toute l'année
j'ai subi ce supplice chinois
(Oui
le souvenir des romans de Pearl Buck
c'est la seule trace qui me reste de cette période que la civilisation occidentale désigne comme l'adolescence
et dont je n'ai
malheureusement pas pu me payer le luxe)
qui certes
fait le pied ravissant
mais te nique le métatarse à vie.
Là
juste en ce moment
je me sens
comme si j'avais enfin enlevé mes chaussures trop étroites
enfilées pour la galerie
et définitivement remisées
au profit de mes Papillio dans lesquels mes orteils aux ongles corail s'étalent désormais délicieusement.
Madame Nicole est revenue s'ancrer au bord de la dernière rivière sauvage d'Europe. Retour en Allier libre, au pays des hérons, des sternes, et des cigognes.
dimanche 19 juin 2011
samedi 18 juin 2011
La légende des siècles
C'est l'un des mes poèmes préférés de Victor Hugo,
qui m'est revenu ce matin, en me réveillant.
Petite, j'étais fascinée par l'image mentale de la tribu
errant
couverte de peaux de bêtes
et par la dernière phrase.
Je le voyais
et j'avais mal pour lui.
Gerald De Palmas - Une seule vie par max0042
qui m'est revenu ce matin, en me réveillant.
Petite, j'étais fascinée par l'image mentale de la tribu
errant
couverte de peaux de bêtes
et par la dernière phrase.
Je le voyais
et j'avais mal pour lui.
Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Échevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva
Au bas d’une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Échevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva
Au bas d’une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l’ombre fixement.
« Je suis trop près, » dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l’espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil ; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes
L’œil à la même place au fond de l’horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il ; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l’aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Étends de ce côté la toile de la tente. »
Et l’on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l’eut fixée avec des poids de plomb,
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l’enfant blond,
La fille de ses fils, douce comme l’aurore ;
Et Caïn répondit : « Je vois cet œil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l’ombre fixement.
« Je suis trop près, » dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l’espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil ; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes
L’œil à la même place au fond de l’horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il ; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l’aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Étends de ce côté la toile de la tente. »
Et l’on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l’eut fixée avec des poids de plomb,
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l’enfant blond,
La fille de ses fils, douce comme l’aurore ;
Et Caïn répondit : « Je vois cet œil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « Je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit : « Cet œil me regarde toujours ! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d’elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu’il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d’Énos et les enfants de Seth ;
Et l’on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des nœuds de fer,
Et la ville semblait une ville d’enfer ;
L’ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l’épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d’entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l’aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L’œil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : « Non, il est toujours là. »
Alors il dit : « Je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit : « C’est bien ! »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit : « Cet œil me regarde toujours ! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d’elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu’il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d’Énos et les enfants de Seth ;
Et l’on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des nœuds de fer,
Et la ville semblait une ville d’enfer ;
L’ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l’épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d’entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l’aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L’œil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : « Non, il est toujours là. »
Alors il dit : « Je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit : « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre ;
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.
Et ça
je l'ai entendu ce matin à la piscine.
J'ai eu envie de les mettre ensemble.
Gerald De Palmas - Une seule vie par max0042
Libellés :
Caïn,
Conscience,
la légende des siècles,
Victor Hugo
vendredi 17 juin 2011
No questions, no lies
Les gens qui nous aiment
nous aiment malgré ce que nous sommes ?
comme nous sommes ?
à cause de ce que nous sommes ?
nous aiment malgré ce que nous sommes ?
comme nous sommes ?
à cause de ce que nous sommes ?
Au jour le jour
Je les croise, elle et son bras en écharpe,
dans le vestiaire
au moment d'aller prendre ma douche.
" Vous allez faire du sport avec un bras cassé ? "
Elle répond
un peu décalée
en cherchant ses mots :
" Non, j'ai eu un avc, mon bras ne fonctionne plus."
Je m'arrête un moment, on discute.
Elle avait 22 ans, elle en a 24.
Tout a basculé.
Elle a perdu l'usage de ses membres, la parole.
Mais pas la vie,
ce qui fait que
ceux qui l'aiment
l'ont encore à portée de tendresse.
Elle a un beau visage,
sans séquelle.
C'est la première fois qu'elle revient à la salle de sport.
Elle me dit : "Maintenant, je vis au jour le jour."
Un peu plus tard,
sous la pluie chaude de la douche
les yeux clos
à profiter de ce répit
j'ai songé
à mon père
& à ma mère
et j'ai pensé
"Merci pour ce cadeau, cette rencontre du matin,
qui remet de l'ordre
d'un sourire, d'un seul."
dans le vestiaire
au moment d'aller prendre ma douche.
" Vous allez faire du sport avec un bras cassé ? "
Elle répond
un peu décalée
en cherchant ses mots :
" Non, j'ai eu un avc, mon bras ne fonctionne plus."
Je m'arrête un moment, on discute.
Elle avait 22 ans, elle en a 24.
Tout a basculé.
Elle a perdu l'usage de ses membres, la parole.
Mais pas la vie,
ce qui fait que
ceux qui l'aiment
l'ont encore à portée de tendresse.
Elle a un beau visage,
sans séquelle.
C'est la première fois qu'elle revient à la salle de sport.
Elle me dit : "Maintenant, je vis au jour le jour."
Un peu plus tard,
sous la pluie chaude de la douche
les yeux clos
à profiter de ce répit
j'ai songé
à mon père
& à ma mère
et j'ai pensé
"Merci pour ce cadeau, cette rencontre du matin,
qui remet de l'ordre
d'un sourire, d'un seul."
mercredi 15 juin 2011
lundi 13 juin 2011
Malicious blog
Je ne sais pas pourquoi
les vidéos naviguent d'un post à l'autre.
Grrrr
Si quelqu'un sait ce qui se passe
et surtout comment y remédier ...
les vidéos naviguent d'un post à l'autre.
Grrrr
Si quelqu'un sait ce qui se passe
et surtout comment y remédier ...
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