C'est la salle d'arts plastiques de l'école qui nous accueille.
Tout est petit
c'est une école de cycle 2 uniquement.
Il faisait si beau
on a laissé la porte ouverte.
Mais je crois qu'on va se peler cet hiver
il y a très peu de lumière naturelle.
Une petite joie très simple quand on est itinérant :
laisser mon sac le soir
parce que j'y retourne demain matin.
Madame Nicole est revenue s'ancrer au bord de la dernière rivière sauvage d'Europe. Retour en Allier libre, au pays des hérons, des sternes, et des cigognes.
jeudi 15 novembre 2012
Plateau repas
Déjà pratiqué au printemps
c'est mon endroit préféré pour pique-niquer
une fois passé le tapis de feuilles mortes
on grimpe le petit escalier.
Devant les cotonéasters en haut à gauche,
il y a un petit banc de pierre moussu
au soleil.
Aujourd'hui
quand j'ai eu terminé
un monsieur m'a proposé un café.
Dommage, je n'avais plus le temps.
Une prochaine fois peut-être.
c'est mon endroit préféré pour pique-niquer
une fois passé le tapis de feuilles mortes
on grimpe le petit escalier.
Devant les cotonéasters en haut à gauche,
il y a un petit banc de pierre moussu
au soleil.
Aujourd'hui
quand j'ai eu terminé
un monsieur m'a proposé un café.
Dommage, je n'avais plus le temps.
Une prochaine fois peut-être.
Retour sur le plateau
j'ai pensé
partir à 7h30
pour 1h15 de route
c'est pas humain.
Mais l'air était doux
le temps magnifique
et même si je sais que, dans quelques semaines, ce sera nuit noire
j'ai profité de la route jusqu'au plateau
encore paré de ses couleurs d'automne
quand plus bas la plaine a viré au brun, juste avant l'effeuillage en noir et blanc.
J'éprouvais cette petite joie intérieure qui te fait prendre le sillage pelucheux des avions pour des étoiles filantes en plein jour.
Pour une fois,
je n'étais pas en retard.
Et puis cette année
c'est différent
je monte pour 3 heures de rang.
Alors je me suis octroyée une petite pause.
C'est vrai ça
je suis souvent dans la voiture
je vois comme c'est beau
les chemins creux m'appellent
mais je n'ai jamais le temps.
Là je suis sortie
pour sentir et pour regarder.
L'air plus frais m'a sauté au visage
l'odeur d'herbe et de feuille
et ce silence bruissant de la forêt vivante
juste un moment
je me suis sentie à ma place là
entre ciel et terre
comme suspendue dans l'infini du présent
un temps de grace
rien avant
rien après.
Puis je suis repartie vers l'école.
lundi 12 novembre 2012
Un lundi ordinaire
- Mais quelle vie tu as ! me dit Evelyne
qui m'a vue débarquer avec mes deux sacs,
au grand soulagement de mes neuf élèves déposés là par leurs parents.
Tu as mangé au moins ?
- Oui, oui, j'ai déjeuné chez moi en passant.
Mais c'est vrai que c'est tendu ;
j' ai choisi de m'asseoir au calme dans la cuisine
plutôt que d'arriver en avance pour les photocopies.
C'est l'inconvénient des jours de rentrée,
très peu de stock.
Heureusement, l'école d'accueil du regroupement a encore une EVS,
une rareté
et efficace en plus.
La salle de classe
c'est la salle des fêtes, affrétée par la mairie
et qui donne sur la cour de l'école.
Comme ça, je ne suis pas toute seule.
- Sache que, quoi qu'il arrive, tu peux compter sur moi le lundi si tu es en retard : je resterai dans la cour pour t'attendre.
J'ai bien fait de choisir cette école.
qui m'a vue débarquer avec mes deux sacs,
au grand soulagement de mes neuf élèves déposés là par leurs parents.
Tu as mangé au moins ?
- Oui, oui, j'ai déjeuné chez moi en passant.
Mais c'est vrai que c'est tendu ;
j' ai choisi de m'asseoir au calme dans la cuisine
plutôt que d'arriver en avance pour les photocopies.
C'est l'inconvénient des jours de rentrée,
très peu de stock.
Heureusement, l'école d'accueil du regroupement a encore une EVS,
une rareté
et efficace en plus.
La salle de classe
c'est la salle des fêtes, affrétée par la mairie
et qui donne sur la cour de l'école.
Comme ça, je ne suis pas toute seule.
- Sache que, quoi qu'il arrive, tu peux compter sur moi le lundi si tu es en retard : je resterai dans la cour pour t'attendre.
J'ai bien fait de choisir cette école.
dimanche 11 novembre 2012
Avant-première
Au moment d'entamer notre tournée de Noël
huit concerts cette année
du 25 novembre au 22 décembre
Frédéric nous prépare un nouveau répertoire
avec des complaintes, des trucs bien déchirants
qui te tirent des larmes et t'arrachent les tripes.
Comme ça
on continuera à chanter en groupe dans des églises
mais pas seulement pour la nativité.
Un petit échantillon
enregistré à l'arrache
juste comme ça.
(Photo de mon chemin de Saint Jacques
un Christ de bois qui avait l'air de me regarder vraiment)
huit concerts cette année
du 25 novembre au 22 décembre
Frédéric nous prépare un nouveau répertoire
avec des complaintes, des trucs bien déchirants
qui te tirent des larmes et t'arrachent les tripes.
Comme ça
on continuera à chanter en groupe dans des églises
mais pas seulement pour la nativité.
Un petit échantillon
enregistré à l'arrache
juste comme ça.
(Photo de mon chemin de Saint Jacques
un Christ de bois qui avait l'air de me regarder vraiment)
Le samedi c'est yummy, et le dimanche aussi # 14
La vie c'est yummy
quand
il y a de la lumière
Mais la vie peut être aussi yummy
quand il fait nuit
et que les cygnes ne sont pas endormis
La vie c'est yummy quand on croise un regard
et quand on pousse la porte cochère
parce qu'on sait que ce sera joli derrière
la vie c'est yummy
quand on part
ne rien faire d'autre qu'aller le nez au vent
aller comme il nous porte
revoir des visages amis
discuter jusqu'à point d'heure
se découvrir une nièce inconnue de 30 ans
et se sentir en accordailles
et puis rentrer
juste à temps
pour faire la bonne mère
la vie c'est yummy
quand je prépare du thé
pour la tasse spéciale
(merci PimJ, pour ce cadeau aussi approprié qu'inattendu...)
Averse soudaine sur le grand pont près d'Atake
En vadrouille vers l'Alsace via Paris
j'ai posé ma valise en consigne
le temps d'aller voir des copines.
Comme je n'avais pas pu acheter de billets coupe-file pour l'exposition Hopper
qu'apparemment tout Paris avait décidé d'aller voir le jour où j'étais là
je me suis rabattue sur la Pinacothèque
dans le quartier de la Madeleine.
Double exposition Van Gogh "Rêves de Japon" et Hiroschige, maître de l'estampe
en réalité largement plus connu au Japon qu'Hokusai.
En fait, Van Gogh, comme beaucoup de peintres montmartrois, s'est largement inspiré de l'art de l'estampe dit Ukiyo-e
dont il avait toute une collection.
Non, ce n'est pas un jeu de carte mangatesque colorisé pour la télé
mais la représentation d'un "monde flottant" inspiré du nô et du kabuki,
construit cependant sur les règles de la perspective à l'occidentale.
L'utilisation des points et lignes de fuites,
les échappées d'une pièce vers une autre,
l'exagération de la règle qui veut que les éléments proches paraissent plus grands
tout cela fait plonger le regard dans l'image
invitent à emprunter le sentier
à s'engager dans le voyage de Tokaido à Edo.

Ce qui m'a le plus touchée dans cette expo,
ce sont les tableaux réalisés à l'asile de St Rémy, où il avait demandé à être interné.
La richesse profonde des bleus et des verts,
les vergers fleuris sont comme les lanternes de ce Japon fantasmé qu'il croyait voir dans le Midi : lumineuses, fortes et si fragiles à la fois.
Pour moi, les œuvres de ce type,
qui était tout sauf zen,
reflètent une sérénité à laquelle il aspirait peut-être,
mais sans jamais l'atteindre
sauf dans ce Japon réinterprété
sans l'avoir jamais vu.

A cause de l'eau déjà, sous toutes ses formes,
le lisse de la mer au crépuscule,
la cascade droite comme la dignité,
les griffes des vagues tumultueuses quand elles s'agrippent aux lambeaux du ciel,
j'ai posé ma valise en consigne
le temps d'aller voir des copines.
Comme je n'avais pas pu acheter de billets coupe-file pour l'exposition Hopper
qu'apparemment tout Paris avait décidé d'aller voir le jour où j'étais là
je me suis rabattue sur la Pinacothèque
dans le quartier de la Madeleine.
Double exposition Van Gogh "Rêves de Japon" et Hiroschige, maître de l'estampe
en réalité largement plus connu au Japon qu'Hokusai.
En fait, Van Gogh, comme beaucoup de peintres montmartrois, s'est largement inspiré de l'art de l'estampe dit Ukiyo-e
dont il avait toute une collection.
Non, ce n'est pas un jeu de carte mangatesque colorisé pour la télé
mais la représentation d'un "monde flottant" inspiré du nô et du kabuki,
construit cependant sur les règles de la perspective à l'occidentale.
L'utilisation des points et lignes de fuites,
les échappées d'une pièce vers une autre,
l'exagération de la règle qui veut que les éléments proches paraissent plus grands
tout cela fait plonger le regard dans l'image
invitent à emprunter le sentier
à s'engager dans le voyage de Tokaido à Edo.
Au début, Vincent en a copié quelques unes,
puis il a créé des variations à partir d'interprétations chromatiques,
avant de trouver la voie d'une libre inspiration totalement assumée
que l'on retrouve dans le tortueux des arbres,
l'apparition de petits personnages dans la lumière dorée,
l'atmosphère limpide, les gais aplats de couleur, la montagne tourmentée qui surplombe des blés couchés, un champ fleuri...

Ce qui m'a le plus touchée dans cette expo,
ce sont les tableaux réalisés à l'asile de St Rémy, où il avait demandé à être interné.
La richesse profonde des bleus et des verts,
les vergers fleuris sont comme les lanternes de ce Japon fantasmé qu'il croyait voir dans le Midi : lumineuses, fortes et si fragiles à la fois.
Pour moi, les œuvres de ce type,
qui était tout sauf zen,
reflètent une sérénité à laquelle il aspirait peut-être,
mais sans jamais l'atteindre
sauf dans ce Japon réinterprété
sans l'avoir jamais vu.
Hiroschige non plus n'avait jamais vu la plupart des scènes qu'il peignait, et pourtant je me suis sentie projetée dans certaines images.

A cause de l'eau déjà, sous toutes ses formes,
le lisse de la mer au crépuscule,
la cascade droite comme la dignité,
les griffes des vagues tumultueuses quand elles s'agrippent aux lambeaux du ciel,
la pluie qui tombe drue sur les érables rougis ou les cerisiers en fleurs, la neige...
Surtout la neige calme et épaisse à étouffer le bruit des pas.
Le vent qui fait ondoyer les étendards et courir les voyageurs surpris par les bourrasques.
Tous les éléments naturels en fait.
L'exposition se tient jusqu'au 17 mars 2013
Photos : différentes sources - internet
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