vendredi 7 octobre 2011

Embraud d'octobre

Demain
retour  à Embraud
Je n'y suis pas retournée depuis la fête de l'été, en juillet.
Je ne sais pas si, cette année, je pourrais participer aux concert de Noël.
J'étais habituée à la route à deux
maintenant j'y vais seule
avec tous les kilomètres de la semaine au passif
et le portable open dans la crainte qu'on m'appelle pour mon père.

Mais demain je vais au stage, 
parce que j'ai envie.
Et qu'il faut bien vivre
et vivre bien
tant qu'à faire....

Cette année, ils ouvrent des ateliers hebdomadaires de danse, de chant collectif, de vielle et de cornemuse.
Dommage, c'est trop loin pour moi.
Mais pour les ceusses qui sont dans le coin, c'est une bonne opportunité d'apprendre dans l'esprit Chavans, léger, élégant et brillant.
Édit : les photos viennent du site de la Chavannée.

jeudi 6 octobre 2011

Jour de marché

Demain matin
à Felletin
c'est jour de marché.

On a invité les parents.
Chaque groupe choisira sa recette, établira sa liste de courses.
La mairie nous prête une salle où on peut cuisiner.
Je suis à deux doigts de me sentir comme dans une vraie classe...

Édit 1 : pas de viande, on a trois végétariens sur un groupe de huit...
Édit 2  :Il y a trois semaines, certains ne parlaient pas un mot de français.

mercredi 5 octobre 2011

Sunny morning

En ce moment
je m'en vais
il fait nuit
une heure de route
le jour se lève
je sens le soleil sur ma peau, à  travers la vitre
j'arrive au collège,
je sors
il fait un peu froid
et quand je repars le soir
c'est grand beau.
Demain, après-demain, ce sera fini
il faudra sortir les pulls
et les chaussures fermées.

Justement
aujourd'hui
mon fils me parle de la chanson qu'il doit apprendre
un vieux truc de Claude François.

Les blagues de Jojo (with dirty sex inside : âmes sensibles et pures s'abstenir)

Chaque mercredi
dans ma deuxième école
j'ai droit à une ou deux petites blagues
pouet pouet
tagada
tsoin-tsoin
délivrées par Jojo.
Vous ne connaissez pas Jojo, mais, croyez-moi sur parole : dans le coin, il est connu comme le loup blanc.



En revanche vous me connaissez moi : impossible de résister au plaisir de diffuser des conneries.
Mais je vous préviens
c'est du lourd.
Je vous aurai prévenus donc.

Blague de Jojo number one 
Le pape et DSK meurent le même soir.
Erreur d'aiguillage, le pape se retrouve en enfer et DSK envoyé au paradis.
Benoît Seize Soupapes perd un peu son sang-froid
et explique à St Pierre qu'il y a embrouille.
St Pierre admet la chose, mais, comme c'est le soir,
il ne peut rien faire,
et il demande à Benoît de patienter jusqu'à l'aube.
Le matin, les JMJ équipes de jour procèdent au transfert,
et nos deux défunts se croisent dans l'ascenseur.
"- Alors, dit DSK, c'est comment l'enfer ?
- Bah, je ne sais pas trop, c'était la nuit, ils m'ont laissé tranquille. Mais toi, au paradis, c'était chouette ?
- Mouai, pas mal.
- Et, tu as vu qui ? Parce que tu sais moi, ce que j'aimerais, c'est rencontrer la vierge.
- Désolé, je crois bien que c'est trop tard..."

Blague de Jojo, la deusse...
"- Vous savez quoi ? DSK a déjà retrouvé un job ! Ce que c'est que les relations quand même....
- Ah bon, et il va travailler où ?
- Au FMI.
- Au FMI ?
- Oui, comme vigile. Il voulait monter Lagarde."

Ouarf, ouarf...

And, last but not least...
Tatatam...
" - Vous êtes instit, vous savez l'orthographe ?
- ...
- Comment vous écrivez "chat" ? (ami lecteur, si tu es un tant soit peu con  centré, là normalement, tu commences à subodorer que ça va se passer sous la ceinture ; amie lectrice sensible et pure, si tu as un mauvais pressentiment, il est parfaitement justifié, quitte ce blog tout de suite...)
- C-H-A-T.
- Oui, et celui de l'aiguille ?
- C-H-A-S.
- Très bien, et celui d'une femme ?
- Ben, on dit pas" une chatte" plutôt ?
- Non, moi je dis "chat". Alors ?
(Alors je m'abstiens de donner ma langue, sait-on jamais, donc, petit blanc....)
- Et ben ça dépend si c'est pour caresser ou pour enfiler !"

Ouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarf !
Je vous l'avais dit, les blagues de Jojo, y a du level.



Édit : la vidéo c'est un message paradoxal, vu que, je me suis laissée dire que c'est pas toujours de la tarte que de travailler dans l'équipe à Jojo.




mardi 4 octobre 2011

Bilan coût/ avantage

Un truc jouissif pour moi : aller à la déchèterie...
Vider
Trier
Ranger
Bourrer l'arrière du beak
et faire le vide.

C'est depuis qu'un jour
il y a plus de dix ans
la grand-mère de ma copine Juliette est morte.
Ils ont dû tout trier.
Elle m'a dit "je ne veux pas que mes enfants aient à faire ça pour moi'.
Depuis, je repense souvent à cette phrase.
Je jette (je vends aussi pas mal sur le bon coin, tant qu'à nettoyer, autant faire briller...).

Je n'y arrive pas toujours.
J'essaie.

Cette année
galvanisée par la maladie de mon père
et ce stress insupportable quand je me jette partout
limite agonisante après une année scolaire infernale
j'ai trié aussi dans ma vie.


J'ai trié dans l'emploi du temps perso :
est-ce que c'est bon pour moi, dans quel état j'en sors, qu'est-ce que ça m'apporte ?
Tout ce qui flattait juste mon ego,
en me mettant la pression,
l'émission de radio, les trucs surexposés,
j'ai dit stop.
Je profite de ce qui reste.
A fond.

J'ai trié dans le travail :

est-ce que c'est bon pour moi, dans quel état j'en sors, qu'est-ce que ça m'apporte ?
Tout ce qui flattait juste mon ego,
en me mettant la pression,
les séances au cordeau, les prép à rallonge, l'anim. péda. sur la commande de l'IA quand j'étais au placard,
j'ai dit stop.
Je profite de la classe.
A fond.


J'ai trié dans les gens :

est-ce que c'est bon pour moi, dans quel état j'en sors, qu'est-ce que ça m'apporte ?
Tout ce qui flattait juste mon ego,
en me mettant la pression,
les exigences unilatérales,
j'ai dit stop.
Je profite des relations qui restent,
les vraies.
A fond.

C'est drôle
mais un tas de trucs qui me convenaient jusque là
et que je croyais bons pour moi
ont fini par me peser jusqu'à  l'étouffement.

Changer
Trier
Jeter
Se tromper
ou pas
Peut importe
Mais avancer.

dimanche 2 octobre 2011

Pensée du soir

C'est comme un mascaret.
Tout le monde le regarde, subjugué par le phénomène.
Mais on le craint aussi, parce qu'on sait que viendra le reflux, dangereux pour tout ce qui se trouve sur les berges. Le reflux pour moi, c'est le moment où le flot des pensées se heurte à mon cœur et à mes émotions.
Sauf qu'il se produit sur mille lits à la fois.
Car, quand vous voyez le fleuve, moi je vois les rivières, les sources et la mer.
Et il y a une vague sur chacune d'elle.
Quand ce n'est pas un raz de marée.

C'est que ma pensée n'est pas linéaire, elle s'enchaîne logiquement, oui, pour moi en tout cas
mais dans mille directions à la fois.
Je ne pense JAMAIS, à une seule chose en même temps.
Jamais.
C'est épuisant.
Quand vous me parlez, je vous écoute, attentivement même, mais je conjecture sur plein d'autres choses en même temps.
Je crois que c'est pour cela que je suis obligée de travailler avec la télé, ou au moins la radio, qui me fixe, et empêche les pensées parasites, pendant que je me concentre sur ce que je fais.
Pour gérer une situation délicate en fixant des priorités, je dois les écrire, puis les numéroter
Sinon, tout se présente en même temps.
Et tout, pour moi, c'est beaucoup : je n'ai pas d'inhibition latente.
Tout est fort, dans le moindre détail.
Faire des priorités, mettre de côté ce qui n'est pas important, ça mobilise une bonne partie de mon énergie.

C'est pourquoi j'ai souvent un carnet pour pouvoir jeter sur le papier tout ce qui me traverse,
vite
avant que cela ne se perde
- la peur d'oublier, c'est une angoisse terrible -
et surtout pour me libérer de cette charge énorme, cet arbre géant
qui se déploie toujours plus haut.
Mon écriture malheureusement, n'est pas assez rapide pour suivre en même temps ces fils qui s'effilochent.  Mais je pratique la carte mentale avec bonheur.
Quand je relis mes carnets, plus tard, je suis très étonnée de ce que j'ai écrit. Je ne m'en souviens pas.

Evidemment
comme un malheur n'arrive jamais seul
j'ai ce truc de l'empathie.
Comme si je n'avais pas assez à faire avec mes émotions,
je ressens celle des autres.
Toutes.
les bonnes, les mauvaises.
Des fois c'est bien, ça aide à comprendre
surtout les enfants.
Mais souvent c'est nul,
avec les autres adultes.
Parce que ça m'envahit déjà.
Et aussi
parce que forcément
j'ai envie d'aider
la personne qui se confie
et je lui dis ce que j'en pense.

Ce qu'il y a
c'est que le pouvoir des mots
je n'en fais pas toujours bon usage.
C'est comme tous les pouvoirs, dangereux, surtout quand on croit que c'est mieux de dire les choses.


Ben non, c'est pas toujours mieux.
Être lucide, ce n'est pas souhaitable pour tout le monde.
Mes conclusions imparables
celles que j'appelle mes mauvaises pensées
sont rarement celles que les gens ont envie d'entendre,
sauf quand elles sont purement techniques.
Un conseil juridique, un truc de procédure, oui.
Un conseil personnel, hum, méfiance.

Et moi, je reste là, désemparée
parce que je sais que j'ai raison
et que j'ai mal d'avoir fait souffrir l'autre.
Vachement mal même.
Pourquoi ne voyez-vous pas ce qui me saute aux yeux ?
Alors je garde mes distances,
c'est mieux pour tout le monde.


Certainement ça va vous paraître très présomptueux d'écrire ça
et digne de l'ego démesuré qu'on nous prête
mais
qui n'atteint pas le 130 de QI
peut difficilement comprendre ce qu'est ce sentiment de décalage permanent
et cette solitude qui résulte de notre différence.
Même avec les gens qu'on aime
on est toujours seul,
même sous un regard bienveillant
on a souvent les larmes aux yeux.
Enfant, on nous dit précoces,
on nous jauge d'un air soupçonneux,
voire malveillant : prétentieuse, arrogante...
"Tais-toi, je sais que tu sais, laisse parler tes camarades."
"Ah, mais comment, tu ne sais pas ça toi, madame je sais tout..."
"Aaaaah, ça croit tout savoir,
et ça ne sait même pas écrire."
On croit qu'on a la science infuse :
alors on nous surexpose.
On est blessé.
Tout le temps.
Par ça,
et par tous les malheurs du monde.
Parce qu'on voit tout
mais qu'on ne peut rien faire.
C'est terrible.
Mais on se dit que
si on est précoce
c'est que ça va passer en grandissant.

Pas du tout.
C'est pire.

Adulte, on reste différent,
avec toutes ces blessures béantes.
Et on croit que c'est uniquement de notre faute.
Il arrive même qu'on nous croit fous,
bipolaires,
dépressifs.
Qu'on nous craigne au point de vouloir nous écraser,
fermer ces yeux qui voient
et faire cesser ces paroles qui disent ce qu'on voit.
Et, en général, c'est assez réussi.
Avec quelqu'un comme moi, c'est assez facile de taper là où ça fait mal,
à cause de cette incommensurable culpabilité que l'on ressent depuis toujours : le syndrome de l'imposteur, comprenez, je me demande bien comment j'ai fait pour arriver jusque là...

Heureusement
il y a des gens qui nous prennent comme nous sommes.
Qui sont impressionnés d'abord
-surtout par le pouvoir des mots-
et puis
comme ils ont l'intelligence du coeur
ils voient notre fragilité,
et ils la respectent,
sans nous juger.
C'est important ce respect.
Il y en a même qui sont capables de nous tenir la main quand on s'égare.
A ceux-là je dis merci d'être ce qu'ils sont.





Édit 1 : La vidéo, c'est si vous ne savez pas ce qu'est un mascaret. J'en ai marre de m'excuser d'employer des mots que tout le monde ne comprend pas.
Édit 2 : Avec le recul, je crois que si j'ai été si touchée par les enfants empêchés de penser au point d'en faire un mémoire, c'est que j'ai reconnu en eux quelque chose de moi. J'aimerais bien, des fois, m'empêcher de penser.

samedi 1 octobre 2011

Classe avec vue

Côté cour


Côté rue