jeudi 24 mars 2016

Une journée parfaite




C'est peut-être à cause des azalées qui explosent en bosquets roses,
un peu partout sur le vert acide des jardins de printemps.
Un mois plus tôt, un mois plus tard, ça n'aurait pas été pareil.
Perfect timing.

C'est peut-être à cause de la lumière,
tendre et pleine,
qui donnait aux maisons de St Francisville une aura un peu magique.



C'est peut-être à cause de la paix profonde dans ce cimetière très anglais...



Ou de la douceur de l'air que je sentais caresser mes épaules et  s’alanguir le long de mon dos.





C'est peut-être tout simplement parce que c'est un premier soir de vacances,
et le début de mon premier road trip depuis que je suis ici,
et que j'aime bien ça moi,
voir le paysage changer en cours de miles,
du plat aux vallons,
de l'eau aux forêts...




















Je marchais là,
dans ma petite robe et mon petit blouson de cuir bleus.
Je me suis sentie comme sur le chemin,
le corps en route, qui arpente la Terre.
Seule et heureuse de ce temps un peu suspendu.
J'avais envie de dire merci à l'univers qui s'est poussé un peu pour me faire une place.

En regardant les jardins, j'ai réalisé,
à la fois combien la France me manque,
mais aussi à quel point je suis bien ici.
C'est étrange, ça ne me rend pas triste,
c'est juste comme ça.
une évidence.
C'est comme les hommes que je croise.
Un européen ? Je ne vais pas lui demander de m'attendre ...
Un américain ? Je ne suis pas venue pour rester.
Alors je n'y crois jamais vraiment, ça me donne une sorte de détachement,
quelle que soit l'envie, quelle que soit l'attraction, quel que soit le fun qu'on peut avoir ensemble.
Si ça se trouve, je suis en train d'apprendre la légèreté...

Ma vie ici est une vie sans plan,
obligatoirement centrée sur le présent.
Il y a des jours comme ça,
tu as le sentiment que tout est à sa place,
absolument parfait,
et tu ne doutes pas que, le moment venu,
tu prendras la bonne décision.
Je sais désormais, que c'est la mémoire des ces instants
qui te donnent le courage de traverser et d'attendre la sortie des zones de turbulence.

Ce fut donc une après-midi parfaite.
Une pluvieuse matinée d'école,
tu quittes un peu plus tôt,
tu perds une heure dans les incroyables embouteillages de Bâton-Rouge,
puis t'arrives là,
et le voile se déchire.

Ce soir je dors avec vue sur le Mississipi,
la guest house du saloon Under the Hill,
à Natchez MS,
une ville qui fut autrefois la deuxième plus riche des Etats-Unis.
Demain je visite et je pars pour Memphis TN.
















J'aime ce fleuve, le Mississipi,
j'ai toujours le cœur qui cogne quand je le traverse,
je prends conscience d'où je suis.
Mais j'aime l'eau en général,
et c'est peut-être pour ça qu'ici ou là-bas,
je suis à ma place,
près de l'eau qui passe.

Parlez-vous bayou ?


Ça fait un moment que j'ai repéré ces gros volatiles noirs et voraces,
qui occupent le bayou avec beaucoup d'aplomb.
Clairement pas des canards, mais des cormorans.
Ce matin, je demande à mes 3rd grades (CE2)
 - des encyclopédies vivantes dès qu'il ne s'agit pas d'école -
le nom anglais de ces oiseaux.
Facile.
Easy peasy.
Des ... gros becs ! (roulez le r s'il vous plaît)...
(en vrai anglais cormorant)
Des fois ils parlent français et ils ne le savent même pas...

Aussi une expression typiquement louisiannaise,
qu'on n'entend pas ailleurs aux Etats-Unis
"Come see !"
traduction de notre courant "viens voir..."
Et bien sûr
pas de points cardinaux ici,
seulement "up da bayou"
"down da bayou"
et
"sur l'aut'bord du bayou"...

Plus généralement, concernant les élèves,
je me demande souvent comment ils font pour tenir les jours d'école...
sachant qu'en privé ils sont toute la journée dehors,
à grimper dans les arbres,
quand c'est pas à chasser, pêcher,
debout sur une pirogue arque bouté sur le push pole,
les tenir enfermés,
c'est un peu comme les étouffer sous un oreiller...

L'énergie du désespoir


Ce matin encore, j'essayais -avec une assez moindre conviction j'avoue-
de gaver mes 4th grades (CM1...) d'atomes et d'électrons libres,
pour répondre à la question : "le courant électrique, qu'est-ce que c'est ?"

Je ne sais pas s'ils en auront retenu grand chose, à trois heures du break de Pâques
et à l'issue de trois jours de "Leap practice", entendez par là de longues journées de test,
pour préparer... le test de fin avril.

Bref, c'était pas gagné
et c'est peut-être à cause de ce gap énorme entre notre état et le programme,
que se sont soudainement illuminées deux révélations :
- la première, c'est que tout n'est qu'une question de particules. T'as compris ça, t'as tout compris !
Elles bougent vite, c'est chaud bouillant, elles s'éloignent ou se rapprochent, ça te met dans tous tes états.
Elles se refilent des électrons, et le courant passe...
- la seconde, c'est que l'infiniment grand et l'infiniment petit, c'est tout pareil ; ça tourne autour, ça gravite, c'est la force de l'attraction : les contraires s'attirent. Nous, on est entre les deux, ni vraiment poussière, ni vraiment univers...

mercredi 23 mars 2016

LSU, my favorite team !

Bon alors la touche transculturelle
je vous explique
LSU
Louisiane state university
L'équipe universitaire de football américain 
au logo violet et or.
La légende raconte que quand les cadjins arrivent au Paradis,
ils refusent de porter leur auréole parce qu'elle n'a pas le logo.
Moi même j'ai quelques accessoires de bon goût
comme se le doit toute louisiannaise qui se respecte.
L'écharpe violette à fleur de lys or
(la fleur de lys étant le logo de l'équipe adulte des Saints,
comme ça d'une pierre deux coups)
et ce mignon sac un peu pupute que j'adore...
(acheté d'occase 5 piasses dans une friperie,
sinon c'est très cher...)






Les couleurs LSU sont partout icite,
sur les œufs de Pâques donc,
mais aussi dans les cheveux pour le crazy hair day...



Un petit nid joli

D'abord il y a des paniers de ballons de baudruche,
on croit que Madame Nicole organise une party...


et qu'elle a même prévu la pâte à crêpes...



mais après on met les mains dedans
et on apprend la technique du papier mâché




Puis c'est la french manucure pour les fonds...


Alors bien sûr, les filles ont demandé du rose,



pis les garçons du bleu,


mais comme on est en Louisiane, il y a aussi la table LSU... fond jaune et déco violette...


après ça sèche encore,
à dire vrai, c'est le souk...




des chevrons, des pois, des guirlandes...
une ficelle et une étiquette "Joyeuses Pâques"



tout ça quand même avec du matériel pas terrible,
que j'espère pouvoir améliorer l'an prochain,
parce que les mômes rament quand même avec la peinture pas couvrante et les pinceaux déplumés.

mardi 22 mars 2016

Windchimes


Depuis que je suis ici,
je me suis prise de passion pour le tintinnabulement de ces mobiles,
qu'on trouve sous tous les auvents quasiment.
J'en ai moi-même plusieurs,
et je n'aime rien tant que le souffle du vent dans ces carillons.



Tableau d'honneur

Vos petits mots s'égrènent dans ma boîte,
la carte d'Audrey est venue rejoindre ma collection encadrée...
J'aime vous lire,
vos attentions sont des cadeaux,
il se tisse des liens spéciaux,
qui m'encouragent et réamorcent la pompe quand il arrive qu'elle soit à vide.

Les vacances commencent jeudi,
l'opération courrier aussi...
Je ne sais pas d'où il partira, mais je me réjouis de pouvoir prendre la plume pour vous écrire à mon tour.

Pour l'instant tout va bien,
je m'engage vers la fin de cette première année avec beaucoup de bonheur,
et quelques rares moments de doute.
Puis viendront les vacances avec le Kid,
le retour en France,
un probable détour par la douce Belgique.
Et une deuxième année.
C'est loin, c'est proche, c'était le plan...

Sauf que, maintenant, la donne s'est un peu modifiée : on vient d'apprendre que nos visas de trois ans pouvaient être prolongés à 5 ans.
Ce que ça change ? 5 ans, ça m'amène à la retraite, et je ne serai pas contre de l'attendre ici, car je ne me vois pas du tout rentrer sans un projet un peu excitant.
Le souci c'est que, deux ans, les liens se maintiennent.
Cinq ans, tu bascules dans une vie parallèle,
où personne bien évidemment ne va se mettre en pause pour t'attendre.




J'y pense,
et puis j'oublie,
c'est trop loin,
trop flou.

En application du principe du moment présent,
je me laisse un peu porter par la vie
le hasard,
les rencontres,
les projets,
avec la confuse impression que,
l'an prochain,
en février,
je saurai exactement ce que je dois faire.
Mais que d'ici là,
il y a tant à voir,
tant à découvrir encore...


Pis aujourd'hui,
le Kid a eu son code (enfin...)
encore un effort,
et à nous le roadtrip...