mercredi 17 juillet 2013

Puente la Reina

Coucou à tous

Pas de photo aujourd'hui
dommage, elle était bien...
mais je suis sur un ordinateur à compteur qui veut rien savoir de mon appareil photo.

En tout cas,
après une nuit affreuse dans une albergue à dortoirs de 100 pélerins,
je suis arrivée là (photo internet)
c'est-à-dire à Puente la Reina.
C'est très joli, je vais toujours bien.
Et merci pour vos encouragements.
Geneviève, tu dois être arrivée ou presque, maintenant.
Alors, si tu passes par là, fais-moi un petit coucou.
J'ai beaucoup pensé à toi ces derniers jours,
ça m'a fait quelque chose de marcher dans tes pas encore frais,
toi que je ne connais pas.

 Édit du 19 juillet

 La vraie image de moi


 Ah ! La vie de pélerine, c'est pas tous les jours facile...




lundi 15 juillet 2013

Estoy en Zubiri, mañana en Pamplona










Bon choix.
Depart de St Jean-Pied-de-Port  à 7h,
et couper l’étape à Orisson, les 8 premiers kilomètres, les plus durs.









  Repos, papote, lecture. Je repars à 7h pour les derniers 19 km.
Un peu difficile, mais pas trop.
Dire qu'on s'en fait toute une montagne ! (jeu de mot subtil).
Beau temps, pas lourd, un peu venté. Je profite du paysage, de toute cette beauté.


Éric, croisé au petit déjeuner, me rattrape. C'est son cinquième chemin. 
Le premier, c'était en 2008, et après, il a choisi de venir vivre ici.
Encore un dommage collatéral du chemin !
Il travaille quelques mois, le reste du temps, il vaque comme hospitalier ou chemine.
Là, il vient de renoncer à travailler dans un gîte la semaine prochaine (p... de clavier qwerty !)
Il a envie de marcher, ça le tient.
Après la fontaine de Roland, il me laisse en me souhaitant "Buen camino !"
"Je vais dormir 6 km après Roncevaux. Tu sais, la Québécoise que j'ai accompagnée il y a deux jours, j'ai envie de la rattraper. Elle ne sait pas que je suis derrière elle..."
Il avait l'air un peu triste et fermé hier, et là, il sourit jusqu'aux oreilles à mon clin d'oeil de connivence.
J'ai le coeur content de son histoire.


Un peu plus loin,
c'est le meeting point avec Aline,
rencontrée en avril et qui marche bien plus vite que moi.
On dînera ensemble après s'être faites piéger par une messe
en voulant visiter l'église....


Ce soir, on dort à Zubiri,
et dans les alberguos,
se quitan las botas...


vendredi 12 juillet 2013

Àndale

Adelante
me voy a caminar.
Me marcho ahora, pero mis pies se marcharan mañana por la mañana.
Hace trente años (au bas mot), que no he hablado español,
Olé !

Je voulais écrire un post rigolo,
mais mon disque dur interne ne process plus,
et je n'ai absolument pas le temps.

Alors
juste
à dans trois semaines,
inch' Allah !


joan BAEZ - Mercedes SOSA - gracias a la vida par christophe30130

dimanche 7 juillet 2013

De son mektoub à mon karma, amen !

" - Vous comprenez, je voulais déménager pour Ramadan. Vous savez, ça commence mardi. Et au foyer, je ne peux pas cuisinier comme je veux, je mange ce qu'ils me donnent.
- Oui, je comprends.
- J'ai super envie de faire un couscous. Je vais faire un couscous. J'ai tout ce qu'il faut là."

Oui, elle a à peu près tout ce qu'il faut : de la vaisselle, des plats, des casseroles, des planches à découper, des grandes cuillères, des moules à gâteaux, des coupes à glace, des torchons, des serviettes de toilette, tout un nécessaire pour le ménage, des meubles de salle de bain, des chaises, une table, des couettes, des housses de couette, des rideaux, une télé, un décodeur, un seau, un balai, des serpillères et des micro-fibres...
Tout ça sorti de mon sous-sol et mes sous-pentes en une journée et demi.

C'est incroyable ce qu'on entasse, c'est incroyable ce qu'on gaspille. C'est incroyable ce qu'on a en double, en triple. Samedi, j'en étais là de mes conjectures.
Un peu désemparée devant la tâche à accomplir.
Ce sous-sol, c'est le tonneau des Danaïdes.
Je me voyais partir marcher avec un sac bien pesant de soucis à résoudre au retour,
quand tout à coup, le téléphone a sonné.
Elle venait prendre de mes nouvelles.

"- ça fait longtemps que je voulais vous appeler. Vous allez bien ?
- Oui. Vous savez, je viens de vendre ma maison, je déménage à la rentrée. Alors je suis un peu le nez dans les cartons. Et vous, comment vous vous débrouillez ?
- Ah, moi j'ai trouvé un travail, un CDD de deux ans, 35 heures par semaine. C'est à 30 minutes d'ici.
- Vous y allez comment, vous n'avez pas de voiture ?
- Non, j'ai trouvé une voiture à louer, 5 euros par jour, je partage avec un autre et voilà. Et puis aussi, je viens de trouver un logement, je me suis débrouillée toute seule, je suis contente, c'est au centre ville. Moi je déménage ce week-end. 
- Franchement, je vous admire, c'est incroyable comme vous avancez."

Débarquée de son pays en octobre dernier, elle avait dû quitter son mari en urgent, une nuit de neige et de janvier.
115 - Hébergement d'urgence
Elle ne connaissait personne ici, à part moi, la prof de français.
Elle aussi, elle a fait du chemin.
Ste Rita a dû faire un pèlerinage à la Mecque.

" -Dites, je peux vous demander quelque chose ?
- Ben, demandez toujours, on verra bien.
- Puisque vous déménagez, vous avez peut-être des petits trucs à donner, parce que vous savez, je n'ai rien d'autre que mes habits.
-  Si je croyais en Dieu, je dirais que c'est le ciel qui vous envoie. C'est le mektoub ça, parce que justement, j'ai plein de trucs à donner, et je serai heureuse et fière de les donner à vous."

Oui, c'est moi qui suis honorée de pouvoir l'aider.
Qu'elle me donne l'occasion de trouver du sens à tout ça, tout ces trucs dont on ne se défait pas, ces cartons pas ouverts depuis le dernier déménagement.
Galvanisée par son appel, j'ai trié dans la foulée tout ce qui me pesait.
Quatre voyages de Berlingo chéri plus tard, elle a son trousseau.

Maintenant,
il lui reste à trouver une gazinière pour mardi. Fissa.
Et moi, je finis mes confitures et je prépare mon sac, mes bâtons et mes sandales une troisième fois.


samedi 6 juillet 2013

Contemplation

A midi, je me suis assise là 


pour manger tranquillement mes pâtes aubergine/ail/basilic/tomates cerises
- pâtes cuites par mon fils qui prend soin de moi -
pendant que je me livrais à des trucs de fille dans la salle de bains
vu que ces dernières semaines, c'était un peu le combo "trop vite & n'importe quoi".
L'exercice de pleine conscience sur la nourriture n'ouvrant pas seulement les papilles,
mais les cinq sens en même temps,
je goûtais en profitant de ce moment de répit les saveurs de mon plat,
je sentais l'odeur de l'herbe et du barbecue du voisin, 
j'entendais le bruissement de toutes les bestioles dans les parages
quand mon regard s'est trouvé attiré par le bouquet de delphiniums qui dansait dans le vent léger, 
pour offrir des centaines de corolles bleues et blanches au ballet incessant des abeilles.
Les mêmes delphiniums qui avaient enclenché un petit coup de calgon la semaine dernière.

C'est une drôle d'expérience sensorielle que toutes ces écoutilles qui s'ouvrent en même temps,
et je tâchais de rester concentrée sur l'instant présent.
Ce n'était pas facile parce que je me sentais de nouveau gagner par une sournoise amertume
prête à me laisser aller à la tristesse de perdre la jouissance tout ça.
Pas spécialement les fleurs,
puisque je déménage à la fin de l'été,
 moment propice à la division des vivaces
 qu'il me suffira de replanter.

 

mais plutôt ce genre de vues



et j'avais beau essayer de ramener mon esprit aux pâtes, aux aubergines et aux oiseaux, 
malgré ma vigilance, mon attention s'échappait inlassablement vers cette petite voix insidieuse Afficher le blogsuggérant que je perds irrémédiablement quelque chose.

Mais -et c'est toute la puissance de la pleine conscience, de la primauté de l'ici et du maintenant -
une autre idée est venue brusquement éclairer cet assaut ténébreux du moi qui m'étouffe.
Une idée surgie comme un fanal au bout d'un périlleux chenal.

"- Quand tu marches, quand tu voyages, quand tu circules d'école en école, tu vois pléthore de lieux magnifiques et cela te rend heureuse n'est-ce pas ? Pourquoi ça te rend heureuse ?
- Je ne sais pas. Je crois que j'aime sentir la vie, comme le monde est beau, et quelle chance j'ai d'être là et de le voir.
- Pourtant, tu n'es propriétaire de rien de tout cela n'est-ce pas ? Il y a des paysages que tu reverras, et d'autres jamais. Est-ce que tu es moins heureuse parce que ça ne t'appartient pas ?
- Non, jamais. C'est comme quand je vais chez quelqu'un qui a une très jolie maison, de beaux objets. J'aime regarder, mais je n'aimerais pas que ce soit chez moi : je déteste le ménage, faire attention à ceci ou à cela...
- Ben là, c'est pareil. Tu as eu la chance de traverser plusieurs fois ce jardin, d'y marcher pieds nus, de t'allonger dans l'herbe, d'y déjeuner avec tes amis, de mettre tes mains dans la terre, et d'en sentir le froid ou la tiédeur. Tu n'as fait qu'y passer. C'est une chose juste et bonne."

Les pâtes avaient un peu refroidies, mais le basilic magnifie assez bien la pâte froide.
Je les ai mangées.
En me levant, j'ai cette fois remarqué les thuyas qui dégueulent dans l'allée
et tous les arbres et haies qu'il faudrait tailler.


Les ronces qui m'ont un peu débordée dans certains coins.
Des fardeaux, le lourd prix à payer pour une chambre avec vue.



Une chose que je ne regretterai pas déjà,
c'est la tondeuse sur les 1200 mètres carrés de terrain en pente.
Mais surtout,
je sais qu'après une semaine un peu en boucle à tenter de raisonner ce sentiment de perte,
une fois bouclé ce billet,
je serai suffisamment détachée pour n'y penser plus jamais.



mardi 2 juillet 2013

Ciel mon tumblr # 11

Quand je me crois déjà presque en vacances

Hebergeur d'image


Mais qu'en fait non, parce que je me chope une grosse angine
qui dégénère en sinusite,
fuckin' weather...

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Quand je reçois une lettre de la CAF,
qui me coupe les allocs six mois avant les 20 ans de Franzouski,
 m'annonce que je n'ai plus d'APL,
ni d'alloc de parent isolé
 ni d'allocation de rentrée scolaire pour le deuxième
et me réclame pour faire bonne mesure 766 euros d'indu,
vu que le SVE, non, c'est pas assimilé à une période de scolarité...
(et qui c'est qui a payé l'assortiment complet du Français qui se les pèle par - 30 degrés ? qui remplit le frigo quand il revient et qu'il ne se nourrit pas que de molossols ? and so on...)
Pourtant,
j'ai pas l'impression de mener grand train...
Si j'étais pas périmée, c'est moi que je mettrais en vente sur le Bon coin...

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Quand j'ai encore dit une grosse connerie

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Garder, donner, vendre, jeter
Garder, donner, vendre, jeter
Garder, donner, vendre, jeter
Garder, donner, vendre, jeter
Garder, donner, vendre, jeter
Quand j'ai vraiment pris conscience que, non, plus de sous-sol
et que mon disque dur ne process plus...

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Sur le chemin de Geneviève #3

"A Castrojeriz, grosse chaleur (la Meseta).
Ça  va bien.
Bises."

"Tu as déjà passé Burgos ? Alors tu continues finalement ?"

" Oui, jusqu'où ? Je ne sais pas".



 La photo vient de là


Moi, je travaille jusqu'au 12 juillet,
stage d'été des non francophones avec ma chouette collègue,
dernières heures à la maison d'arrêt
vendredi après-midi j'embarque dans mon Berlingo chéri,
direction St Jean-Pied-de- Port,
ou je laisserai ma voiture pour m'attaquer aux Pyrénées...
J'aurais bien voulu faire le Camino Frances d'une traite,
mais pour le coup, je devrai vraiment m'arrêter à Burgos : Franzouski rentre de Russie pour son dernier visa, et il arrive juste à temps pour les cartons de déménagement...