lundi 12 janvier 2015

Un samedi soir sur la terre

Danser,
c'est comme respirer...



Hameau du Villard (Royère-de-Vassivière)

dimanche 11 janvier 2015

Retour vers le futur : la loi ou le néant

Attention,
article politiquement incorrect



C'est donc l'heure du grand rassemblement.
Certes, je me réjouis de l'union nationale et internationale.
C'est le bon vieil adage du coq qui ne chante que les pieds dans la merde,
mais c'est quand même précieux.
Néanmoins, mes lecteurs habituels connaissent ce travers que j'ai d'avoir de mauvaises pensées,
et là, je dois dire qu'elles m'assaillent,
alimentées par tout ce que j'entends de plus ou moins rance.
Je crains qu'immédiatement après la dislocation,
ce soit l'heure de la curée,
le bal des vampires s'étant déjà ouvert en même temps que celui des hypocrites.

Déjà, on accueille des représentants d'Etats
dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne sont pas un modèle en matière de respect des droits de l'homme ou de liberté d'opinion
alors qu'on fait la fine bouche pour ceux du FN,
qui ne représentent pas des Etats étrangers,
mais une partie de la population française (hélas..)
Faudrait savoir...

Et cette moue dégoûtée devant Marine Le Pen
(anagramme d'amène le pire, je le rappelle pour que tout le monde reste détendu...),
me fait doucement rigoler (doucement, parce qu'on ne sait jamais) :
je pense sincèrement que beaucoup de ceux qui défilent aujourd'hui ont du sang sur les mains.

Les représentants de droite pour avoir menacé de karchériser la racaille,
en stigmatisant toute une communauté,
au profit des prédicateurs qui alimentent leur prosélytisme sectaire de cette victimisation,
Pourquoi ? Pour permettre notamment de récupérer les voix de la communauté juive,
qui se sentait, à juste titre malheureusement, menacée.

Les représentants de gauche qui,
non seulement ont toujours préféré faire l'autruche devant la montée des radicalismes,
mais ont en outre instrumentalisé l'extrême droite (déjà Mitterrand...)
pour en faire un chiffon rouge leur permettant de ratisser plus large aux élections.
On ne risquait donc pas de parler du fond du problème,
et de ce qui était en train de se passer.

Et puis ce matin,
j'ai entendu un représentant (il y a beaucoup de représentants dans ce pays...)
des musulmans de France,
(et je me réjouis que ce soit son droit de s'exprimer librement)
dire que les membres de sa communauté,
même s'ils ne sont pas d'accord avec le terrorisme,
ne pourront pas défiler au côté du premier ministre israélien,
ni accepter qu'on ridiculise le prophète dans des dessins.

Ah bon ? Mais Jésus, on peut ?
Je dis ça,
parce que lui aussi il est dans le Coran,
(sa maman s'appelle Myriam),
pis assez souvent dans Charlie hebdo
(qui lui avait même consacré un hors-série)



Voilà le problème :
personne n'aime être blessé dans sa foi par des dessins irrévérencieux et provocants,
et on a le droit de dire qu'on est fâché,
et même de manifester,
mais ils vivent dans un pays,
(le leur)
où c'est permis par la loi
de publier un pape se tapant une taupe,
de se marier avec une personne du même sexe,
de faire parler le prophète dans un dessin.

Tu pratiques la religion que tu veux,
mais tu as aussi le droit d'être un sans dieu, un mécréant,
et de l'exprimer.
Si tu n'aimes pas Charlie Hebdo,
tu ne l'achètes pas (d'ailleurs, il n'était pas en super situation financière...)
Et si tu ne veux pas aller au rassemblement,
ben t'y vas pas.
Pourquoi ? Parce que tu as la chance de vivre dans un pays où ces libertés sont constitutionnelles.

A quoi sert de toujours partir dans des polémiques sans fin,
sans revenir au principe de base : celui de l'Etat de droit ?

Soit on change la loi par les voies légales,
soit on la respecte.
Un point c'est tout.

C'est la perte de ce tiers médiateur qu'est la loi,
surtout pour des jeunes aux repères très flous,
qui nous a conduit en terre inconnue.
Qui peut penser que ça ne vient pas de loin ?
En passant des accords douteux avec ceux-là mêmes qui financent ces filières,
et totalement débordés maintenant,
en laissant humilier leurs pères,
tout en laissant s'importer -comme une contrepartie, un genre de dédommagement pour notre passé colonialiste - sur notre territoire le conflit israelo-palestinien,
justifiant ainsi tout les petites reculades sur les principes républicains,

en laissant mes collègues démunis quand,
le soir, des grands frères viennent les voir pour les menacer,
ou en classe,
ils ne peuvent plus parler des hébreux, des nazis, de la théorie de Darwin,
ou emmener les filles à la piscine...
Les gamines qui se font insulter, menacer si elles ne s'habillent pas "pudique".
et j'en passe...

Non, il ne fallait pas en parler,
c'était mal,
c'était raciste.

Je le dis tout net : ce sont eux, les politiques, qui l'ont alimenté le racisme.

En 2002 est paru ce livre,
un peu gênant, un peu passé sous silence,
et pourtant très bien fait,
avec des témoignages déjà glaçants, des statistiques qui m'avaient fait frémir :


Vous saviez-vous
que sur la totalité des actes d'agression racistes enregistrés sur notre territoire,
la majorité est le fait de jeunes se réclament de l'Islam contre des juifs ?
Ce sont les statistiques nationales officielles,
et elles étaient déjà présentes dans ce livre.

Mais bon,
ça risque de s'inverser dans les prochains jours,
et il n'y a pas de quoi s'en réjouir...

Qui s'est collé une étoile jaune sur la veste après les meurtres commis par Mohamed Merah ?
Pourquoi ? Parce que quelque part, quand c'est un juif, derrière les grands discours,
c'est pas tout à fait pareil...
Oui, pour beaucoup de gens,
120 ans après l'affaire Dreyfus,
de la même manière qu'un arabe,
muni de notre carte d'identité nationale,
c'est plus un arabe ou un musulman qu'un français,
un juif, c'est plus un israélien ...

Eviter l'amalgame ?
Laissez-moi RIRE !...

samedi 10 janvier 2015

Bull'help yourself #4

L'écueil du bullet journal, c'est la planification à long terme,
à gérer me semble-t-il chacun en fonction de ses priorités,
soit avec un calendrier inséré dans la pochette,
soit comme ça :


Un collègue s'est exclamé,
en me voyant utiliser la page ci-dessus
"Mais ! ? Tu recopies tout le calendrier ?".
Bah, on peut très bien en coller un,
c'est juste que j'ai bien aimé faire ça.
C'est comme la cuisine, ça me détend,
et je crois que ça me permet de le fixer dans ma tête,
merci ma mémoire visuelle et kinesthésique.
En revanche, l'avoir juste avant l'index,
c'est très pratique,
parce que j'ai beaucoup de RV, de déplacements, et que je peux m'y référer tout le temps.



Dans cette page ci, je note ce qui concerne les prochains mois.
Et je n'ai plus qu'à reporter quand j'ouvre la page du mois.
Noter le ruban autocollant sur le côté (ou du masking tape), que j'utilise pour repérer les pages que j'utilise fréquemment  (index, calendrier et dépenses).

Ah
aussi
je peux pas expliquer
mais je redeviens une petite fille avec ma déco "colorie sans dépasser" (raté...)
et "toi aussi fais ton pochoir" (raté aussi).
C'est bon pour ce que j'ai...
Si quelqu'un a des idées plus meilleures...





vendredi 9 janvier 2015

Interclasse

Hier, en arrivant au collège de mon groupe du jeudi,
j'ai demandé ce qui était prévu dans l'établissement.
11h55, un rassemblement dans la cour,
quelques phrases de la principale,
très sobres, très justes, très claires aussi sur la tolérance et le respect,
Dissolution des rangs,
je suis descendue avec une collègue au rassemblement sur l'esplanade Nelson Mandela,
juste à côté de la médiathèque.

Je pleure,
Quand je suis seule.
Comme Bénédicte que j'ai croisé au rassemblement du soir,
j'ai le cœur au bord des larmes.
Tout ce gâchis.
Ils sont nombreux les responsables,
Ceux qui ont humilié les pères.
Ceux qui ont instrumentalisé les communautarismes pour en tirer un profit politique.
Les discours décomplexés ou fourbes sur la violence de l'Islam,
qui finalement autorisent symboliquement que des jeunes se conforment à ce qu'on attend d'eux.
Sont-ils vraiment conscients qu'ils ont du sang sur les mains ?
On a semé des graines dans un terreau fertile.
C'est l'heure de la récolte sanglante.

Je trie,
je ne me laisse pas submerger par le flot d'informations.
Je ne veux pas céder à la peur.
Mais j'ai cette image,
toute une culture du rire, de l'économie, de la question gênante décimée
et je prends conscience de ce que je n'avais pas saisi avant :
ils savaient qu'ils étaient en danger,
rappelés à cette réalité par une présence policière permanente,
et pourtant ils n'ont pas faibli.
On peut mourir de rire.

Je réfléchis.
Et l'école ? Qu'a-t-elle manqué dans tout ça ?
Un charter pour les camps d'entraînement
à défaut d'un ascenseur social bridé par un plafond de verre ?

Alors hier, je me suis aussi recentrée sur la seule chose que je sois à même de faire :
enseigner.
Je suis partie d'un support institutionnel ;




Et puis j'ai fait une séance de compréhension orale.
Qui parle à qui ?
Où?
Quand ?
De quoi parle-t-il ?
Les questions ont fusé. Le vocabulaire déjà,
fondamental pour des primo-arrivants non francophones :
fusillade, attentat, terroriste, République, c'est quoi ?
"Liberté, en France, ça veut dire quoi madame, qu'est-ce qu'on a le droit de faire ici ?".
La place de la religion dans notre société.
Le sens des dessins publiés.

Quand la séance a été terminée,
j'ai dit : "Maintenant on va faire de la grammaire".
"Venir de..."
Le verbe et ses prépositions.
Parce qu'il faut avancer.

Mais un peu plus tard, une rencontre dans les couloir,s après la minute de silence, m'a troublée.
Deux élèves de l'an dernier,
des musulmans,
qui sont venus me voir.
"Madame, qu'est-ce qui s'est passé hier ? De quoi on parle là ?".
Alors aucun collègue n'en avait parlé dans leur classe ?

J'ai expliqué.
Ils ont blêmi.
J'ai dit : "il faut en discuter avec vos parents ce soir, et puis vendredi, à la mosquée, votre imam vous
en parlera certainement".
Et mon cœur a saigné pour eux aussi.

Edit : Ici, un lien vers la page Eduscol qui propose des ressources pour enseigner et débattre sur la liberté de la presse, la liberté d'expression, la laïcité et les droits de l'Homme, avec notamment un lien vers la page du CLEMI.
Je reste très gênée par une interview entendue en début d'après-midi, d'une collègue qui avait agi à chaud (comme beaucoup d'entre nous), en accueillant ses élèves avec au vidéo projecteur, les caricatures de Mohamed publiées par Charlie Hebdo, et qui s'est étonnée de n'être arrivée à rien de constructif pendant sa séance, concluant que ce n'était quasiment pas possible de parler de tout cela dans une classe avec beaucoup d'élèves turcs et maghrébins.
Personnellement j'en conclus plutôt que le support n'était pas adapté, surtout frontalement comme ça.
De mon point de vue, rajouter de l'émotion à l'émotion, ça ne crée pas un climat propice à des débats apaisés et argumentés.
Si le plan c'est de faire dire "à des turcs et à des maghrébins" qu'ils désapprouvent, ce n'est plus de la pédagogie. Je préférerais qu'on se recentre sur l'enseignement du cadre juridique de tout exercice de la liberté.



vendredi 2 janvier 2015

Note de lecture

Lu en 3 heures,
impossible à lâcher.
Je n'avais lu aucune critique avant de l'emprunter à la bibliothèque.
J'aime les surprises.
Rapide, efficace, beaucoup d'imparfait, très peu de passé simple, 
l'action avance au présent des dialogues.
Mais le passé peut-il être simple ?
C'est sur la perte, le manque, la solitude, la mémoire, l'oubli,
sur les pistes brouillées par notre propre regard.
Ça m'a beaucoup touchée,
parce que moi, si j'avais une valise à ouvrir pour retrouver mes souvenirs,
je la forcerais à s'ouvrir.
Attention, si on n'est pas open mind, la fin peut laisser sur sa faim...
C'est le sel de l'oubli sur les plaies de la vie...




jeudi 1 janvier 2015

Bull'help yourself #3

Définitivement adopté.
Je commence les pages de janvier, en suivant les reco du concepteur,
les plus rapides à suivre
(la déco est optionnelle... mais c'est comme l'origami, ça me détend)

A gauche les 31 jours du mois, avec les principaux événements


A droite ce que je voudrais faire dans le mois.
J'ai ajouté des target tracks (bandes orange) pour pointer le suivi de quelques objectif perso.
Je laisserai tomber si c'est inutile ou chronophage.

Je tente aussi les deux couleurs pour séparer le perso du pro,
on verra si ça perdure.
Mais je suis très attachée au stylo effaçable.

Enfin, j'ai bricolé une poche à soufflet
parce que je trimballe toujours un peu de paperasse.

Pour le format, il faut le choisir ni trop grand = qui entre donc mon sac,
ni trop petit : 31 lignes minimum, ou des pages blanches...
Il y en a de très bien -et moins cher que Moleskine- chez Oxford "office", petits carreaux et une poche à soufflet, avec l'avantage d'être commercialisés en super marché.
Mais pour l'instant je pioche dans mon stock.

Je suis vraiment contente de commencer l'année avec cet outil.
Pourquoi ? Tout simplement parce que je m'aperçois en cette fin de vacances,
que j'ai fait bien plus de choses que les autres fois où je suis restée à la maison.
Car il présente un avantage indéniable : m'aider à fonctionner en mono-tâche, alors que mon cerveau est en ébullition permanente.
D'habitude j'ai toujours un peu peur de passer à côté de quelque chose, je note plein d'idées que je n'ai pas le temps de développer.
Là je note.
Je diffère sans angoisse.
Je peux consacrer mon attention et ma concentration à terminer ce que je suis en train de faire.
Je coche.
Je continue.
Parfois je raye, parce qu'une fois écrit ça a perdu de son sel.
Et j'avance.
Elle est pas belle la vie ?

Vers l'infini et au delà

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