lundi 22 septembre 2025

Coulée douce - Jour 3 De Gien à Bouteille

Troisième jour

Alors que le soleil tente de nous réchauffer dans le vent de l'aube, les mariniers se préparent à franchir le radier au niveau de la centrale de Dampierre.

Photo Gilles Aubague

Ce n'est pas une écluse comme à Belleville.

Les centrales nucléaires sont évidemment très protégées, floutées sur la carte satellite, et je n'ai pas d'indication claire sur le lieu de la passe à bateaux.

Tandis que les équipages sont en vue des cheminées (photo prise par eux), je réfléchis. La centrale est rive droite, le passage sera donc rive gauche. Je ne dois pas me tromper car ça prend 30 bonnes minutes de retrouver un pont pour traverser.

Je regarde le plan des berges, il y a le gymnase EDF rive gauche et ça, c'est rarement protégé par autre chose que des panneaux. N'étant pas animée de mauvaises intentions (et la centrale est informée du passage des bateaux bien sûr) je décide donc de tenter la rive droite tout de même.

Pour avoir vécu en Louisiane, je connais bien l'économie des levées.

Bingo, il n'y a pas de barrière...

Surprise, dans mon rétro je vois deux véhicules me suivre.

J'arrive au bout de la levée, finalement bien en amont de la centrale.
Une figure familière descend de sa voiture, précédée d'un agent de la centrale qui connaît l'endroit.
Evelyne, une camarade du milieu trad...


Agrandissez ! Agrandissez encore ! Sur la rive gauche on distingue la passe à bateaux de St Gondon, et les embarcations qui sont déjà en aval.

Ils vont déjeuner là, alors Évelyne décide de faire le tour pour 45 minutes de voiture et les rejoindre.


Moi je rebrousse chemin direction Sully-sur-Loire : j'ai les courses à faire pour ce soir et le pique-nique du déjeuner de demain à préparer ...

Bien évidemment, une heure plus tard, j'apprends qu'ils ont fait un bac pour pique-niquer là où nous étions...?



(Photos passe de Saint Gondon Gilles Aubague)

Dans cette ambiance conviviale très chargée en testostérone, je ne suis pas peu fière d'accompagner MES mariniers, MON équipage.

En coopération avec Gilles et Stéphane, les filles aux avirons rouges, leur enthousiasme sans faille, leurs joyeux youyous aux passages délicats comme aux arrivées pimpent, tout en sourire, le cortège des loups de rivière.
Ici à Sully-sur-Loire.


Selfie Gilles Aubague
À la cale du port de Bouteille (45), le paysage enserre dame Loire majestueusement.
J'y attends mon équipage pour leur remettre le matériel du bivouac sur l'île.



Voilà, après un bac depuis l'île, c'est chargé : les pommes de terre, la faisselle, la ciboulette et les brochettes de poulet, les tentes et les sacs de couchage, le petit-déjeuner de demain matin.
Il était prévu que j'embarque aussi pour le dîner au feu de bois. Mais, bien que j'aie toute confiance en mon équipage, j'ai calé à l'idée de revenir dans le noir, dans le froid et sous la pluie à mon bivouac.
Je décline. Finalement, que chacun vive l'expérience à sa façon, je trouve ça formidable.
Ce soir je dormirai au sec et au chaud, chez la très complice et très soutenante maman de Sophie, pendant qu'ils porteront haut nos chansons de rivière...


dimanche 21 septembre 2025

Coulée douce - Jour 2 De Saint Satur à Gien

 Ce matin, il faut passer l'écluse de la centrale de Belleville.

La pluie tombe sans discontinuer depuis hier soir.
Petit moment d'émotion quand nos mariniers tout trempés s'engagent dans l'écluse de Belleville.






Vous connaissez l'histoire néerlandaise du petit garçon qui a empêché la digue de s'effondrer en bloquant un trou avec son doigt ?
Eh bien ce matin, la porte de l'écluse EDF a disjoncté...?
Quelqu'un a dû chercher une clé spéciale.
Heureusement il y a une astreinte le dimanche.



Le soir, la pluie a enfin remballé ses trombes.
Sur les conseils avisés d'un vieux loup de rivière (special tribute to Pin Pon, équipage de Jargeau, la ville, pas les bredins) nous avons fait le choix, hier et ce soir, de renoncer aux malcommodes hébergements de fortune proposés, contre des campings.
Disons qu'après tant d'humides émotions, une douche chaude relève du nécessaire.
Opération séchage des tentes (et d'un peu tout) dans la bonne ville de Gien, en attendant mon équipage.





samedi 20 septembre 2025

Coulée douce - Jour 1, de Fourchambault à Saint Satur

Du 20 au 24 septembre, seize ans après une première avalaison de nos bateliers (petite pensée pour toi Fred...) j'ai eu la chance d'assurer l'intendance (avec l'aide discrète et très efficace de Joëlle, la maman d'une batelière) pour accompagner un nouvel équipage Chavans, qui a descendu la Loire de la cale de Fourchambault, dans la Nièvre, à l'ancien port d'Orléans, pour rejoindre le festival bisannuel des fêtes de Loire, qui rassemblait cette année 247 bateaux de navigation fluviale et lacustre.

Le Bel Orléans s'est pour cela joint à l'organisation de la Coulée douce (Voile de Loire Centre Bourgogne Auvergne ), qui permet d'assurer l'avalaison des moins aguerris dans les conditions de sécurité requises.

Le premier jour, ils sont partis à la bourde et au moteur, puis Nelly et Sophie aux avirons, et Gilles à la patouille (le gouvernail). Au dernier moment, Sophie -qui heureusement ne travaillait pas ce jour-là) a embarqué à la place de Stéphane, un marinier de Chaumont-sur-Loire, qui venait de se faire gratifier d'une embarcation surprise. En les accompagnant de près tout au long de l'avalaison, il restera cependant un membre à part entière de notre équipe.






Notre équipage rejoint le rassemblement casse-croûte de Marseilles-lès-Aubigny.
On les voit de loin grâce aux rames rouges.
Tous les autres sont au moteur, il va falloir s'y mettre aussi.




Arrivée au pont de la Charité sur Loire.

Les mariniers mettent tous pied à terre pour aller voir l'autre côté et chercher le meilleur passage.


Amont du pont


Aval du pont


Il faut savoir lire la rivière...

Finalement ce sera le pont rive gauche, un peu coquin aussi, mais moins que l'autre...


Et voilà, mouillage pour la nuit à St Satur.


mercredi 10 septembre 2025

La jolie noce

C'était prévu depuis le début de l'année, la bague de fiançailles offerte par Thibault étant apparue au doigt de Gabrielle au rendez-vous de l'un de nos concerts de Noël.

Embraud avait revêtu son habit de lumière. Le premier samedi de septembre, sous un soleil amical, avec nos beaux habits de noce, nous avons marché en procession jusqu'à la petite mairie, puis la petite église de Château-sur-Allier.

Ils s'y sont pris pour époux, après sept années de vie commune, un petit garçon et une petite fille, ainsi qu'un petit pied à terre, comme un nid patiemment restauré par le mari charpentier, au cœur de ce petit bourg qui a vu devenir la mariée.

C'était doux, c'était joyeux, c'était souriant, simple et pourtant rythmé d'un tas de petites surprises. Nous avons dansé sur le parquet de la fête qui n'avait pas été démonté, nous avons dîné, sous notre halle, et nous avons rangé, dans nos besaces, le petit pot d'un miel crémeux récolté par Thibault qui nous attendait sur notre assiette.

Tout était à l'image de ce couple que nous étions tous réjouis de voir s'unir. Des touchants discours des mariés et des témoins, j'ai retenu cette jolie phrase de Gabrielle : "Tu es ma carte chance dans la vie".

N'est-ce pas ce que nous devrions toujours être dans un couple ?




jeudi 28 août 2025

En août, on a eu du goût...

 ... comme disent les Bretons !

D'abord, la grande nouvelle, j'ai déménagé.

C'est-à-dire que j'ai emménagé, enfin seule, dans un appartement à 10 km de ce lieu ravitaillé par les corbeaux que je ne supportais plus.

Comme tous les choix, ça eu un coût, mais je ne le regrette d'autant moins que Ouin Ouin m'a bien aidée. Il a géré (et payé...) le camion, le frigo et la table bretonne de sa mère. C'était bien le minimum, après tout le temps passé à valoriser et nettoyer sa maison. Déménager c'était poser des limites. Il n'a pas supporté, il est allé voir ailleurs, l'air de rien. Cela faisait un moment qu'il avait enregistré son numéro de téléphone sans indiquer son nom...

Comme quoi, des limites, on a bien raison d'en tracer.

Le mado est un coup de chance qui me permet de ranger toute ma vaisselle et mes ustensiles, la cuisine supposément aménagée l'ayant été a minima.

Sa maison, malgré plusieurs visites intéressées, n'est toujours pas vendue. Mais au moins, je n'y passerai pas un nouvel hiver. 

Bien sûr nous faisons toujours un maximum de choses ensemble (enfin sur le temps qui lui reste quand il n'est pas avec l'autre) mais sans charge mentale ou kilométrique pour moi. On peut dire que je revis...

Le temps de partager la fête de la digue à Moëlan, avec des amis Chavans de passage, et d'un fest noz sous la pleine lune baignant la ria (merci à Fabienne et Patrice pour les photos...), 




... et de finir de défaire les cartons (mais ça va vite, je voyage léger...), nous sommes descendus à Chalap, dans les Cévennes du Gard, pour mon stage annuel de chant slave.

Cette fois-ci, j'avais un accompagnant en demi-pension, qui a exploré la contrée à pied et à vélo. En plus de partager le voyage lui-même, et les escales à Limoges, nous avons donc profité de toutes les soirées ensemble. Enfin, il a fait semblant. Dans la journée bien sûr, il échangeait des messages avec une autre....

Et ça semblait être très cool. C'était juste dégueulasse.


Belle surprise, au retour, j'ai récupéré mon petit-fils, qu'enfin, après six ans et demi de patience, ses parents ont accepté de me confier une semaine.

Ce petit garçon a été bien mignon, bien patient pendant les deux fois six heures de trajet, bien rigolo et imaginatif chez moi, bien attentif à ne pas traverser seul sans m'attendre, bien encourageant pour me faire remonter sur mon vélo (je ne pédalais plus depuis que je vivais dans les bois...) et un peu fatiguant aussi, clairement je n'ai plus l'habitude.
Mais qu'est-ce que c'était chouette de lui offrir ces vacances, de cuisiner des plats d'enfant, de stocker des glaces, de bicycler ensemble !


Pendant ce temps, sa sœur va déjà avoir neuf mois, mais ça, c'est une autre histoire !
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Vous l'aurez compris, cet article a été légèrement révisé dix mois plus tard.
Un peu de recul ne nuit pas...


Une fête après l'autre

 Il y a tous ces visages familiers, et puis ceux que l'on évoque, presque jusqu'à l'invocation.

Ceux qui nous manquent, ceux qui sont partis, qui ne reviendront pas.

Ceux qui ont choisi l'absence, et ceux qui se sont éteints.

Ils sont toujours un peu là, derrière nos sourires qui vieillissent, dans les plis de nos rides qui se creusent, dans le rire des enfants qui sont nés, qui ont grandi, qui prêtent la main maintenant.

On cuisine, on nettoie, pendant que d'autres montent les barnums, les guirlandes et les parquets ; on rit, on mange, on danse et on recommence.

Le samedi soir on présente un petit miracle: un spectacle, une suite de scènes, monté juste pendant cette semaine de préparation.

Le dernier week-end de juillet, c'est le temps de la fête d'été de la Chavannée.

Je retourne une dizaine de jours à Château-sur-Allier, et je repars après le premier gros démontage/nettoyage.









Siroter l'été

 Alors, on en était où déjà ?

Oh là ! Ne me dites pas qu'on est déjà fin août, quand je n'ai même pas fini de raconter mon road trip occitan.

C'est que je n'ai pas fait demi-tour à Villefranche de Rouergue. J'ai fait halte à Najac, 


avant de rejoindre l'université d'été de Laguépie.



Cinq heures quotidiennes de danse, un peu d'exploration, puis retour en mode lenteur, par les gorges de l'Aveyron

l'abbaye Saint Martin de Montpezat de Quercy (trésors cachés dans nos campagnes...)





Cascade pétrifiante à sec de Caylus


et pause tranquillité à Cahors,



avant de grimper à St Cirq Lapopie, 



puis de redescendre prendre le frais le long du chemin de halage de Bourziès


un joli bivouac à Domme, à l'aplomb d'un beau cingle de la Dordogne,




avant trois jours joyeux en compagnie de deux de mes compagnons de jeu préférés :
mon fils et mon petit-fils...